J’ai eu un moment ‘big brother’ ce lundi matin en venant au travail. Comme je montais les escaliers mécaniques, entouré de gens à l’expression vide de sentiment, j’ai entendu un message audio qui disait :
‘La carte Opus est maintenant obligatoire pour les passes mensuelles. L’ancienne carte n’est plus disponible… La carte Opus est maintenant obligatoire pour les passes mensuelles…’
Merde, je n’ai pas encore acheté ma carte Opus. Pourtant, j’ai réussi à prendre le métro ce matin ? Ah oui, ma passe mensuelle ne fonctionnait pas ce matin (ce qui arrive parfois quand il y a trop d’utilisateurs) j’ai donc passé par la porte pour les carrosses à enfant qui était ouverte. Oups, je réalise que nous ne sommes plus en mai et que je n’ai pas de passe de métro pour le retour. Je regarde au terminal Opus et il y a déjà environ 6 personnes qui attendent, je décide de revenir pendant l’heure du lunch.
Je ne suis pas pourtant le genre à oublier quelque chose comme ça. Avec le temps, j’ai appris qu’il y a toujours une raison subconsciente à mes oublis. En y pensant un peu, elles reviennent à la surface ;
•L’employé de la STM qui engueule les gens à la station Square Victoria en décembre dernier. Ceux-ci ont commis le crime d’être parmi les premiers à se doter de la carte Opus et ils essaient tous de recharge leur carte le premier jour du mois.
•La frustration des changeurs qui doivent expliquer pourquoi on doit avoir la carte Opus (Pourquoi, je ne sais toujours pas).
•Le fait qu’on fait payer au client $3.50 pour la carte Opus sans que celle-ci n’apporte aucun avantage concret au client (c’est un peu comme vous facturer le papier de votre ticket)
•La possibilité que mes déplacements soient enregistrés dans une banque de données.
•Le fait qu’on demande aux personnes âgées et handicapées de refaire, encore une fois, une carte spéciale pour bénéficier des tarifs réduits. Allez expliquer à grand-maman qu’il faut qu’elle aille au 2020 université pour refaire une carte, avec tout ce que ça implique.
•Le fait que passez la carte Opus sur le lecteur prend une ou deux second de plus par utilisateur que la carte traditionnelle. (quand il y a 15 personnes en avant de vous, ça fait une demi-minute).
Mais c’est surtout parce qu’en achetant la carte Opus je cautionne une mauvaise implantation d’un système technologique. Il faut quand même que ce soit relié aux technologies de l’information pour en parler sur le site de Technoponics.
Je dois déduire que la raison première de ce système Opus devait la réduction de la fraude. Ce n’est certainement pas d’améliorer le service aux utilisateurs ou le climat de travail. La fraude devait être énorme pour justifier de telles dépenses (terminaux, publicité, logiciels, consultants, etc.).
L’implantation du système Opus est totalitaire, la STM n’a tout simplement pas pris une approche ‘marketing’ pour vendre sa solution. Au lieu de forcer les gens à payer pour leur carte Opus, on demande un dépôt pour la carte qui sera remboursée à l’utilisation (par exemple, on donne un rabais de 1$ sur chaque abonnement mensuel qui est rechargé sur la carte jusqu’au montant de $3.50). On ajoute des terminaux Opus partout pour que ce soit plus rapide d’utiliser les terminaux que les changeurs. Puisqu’il y a plus de terminaux, on ajoute une interface qui démontre les avantages de la carte Opus (vidéo, etc.). On implique des partenaires d’affaire comme Tim Horton qui peuvent utiliser la carte Opus pour des programmes d’affinités (un café gratuit par mois, recharge votre carte Opus en allant chercher le café du matin).
Mais ce midi, le système ‘Big Brother’ a gagné et j’ai acheté ma carte Opus. Chaque fois que je l’utiliserai, j’admettrai ma défaite, mais je n’ai pas le choix, je n’ai pas de voix.